Descripción
L’idée de la mort n’a peut-être jamais été aussi présente à l’humanité qu’au cours des années que nous venons de traverser. Elle a été le compagnon quotidien de millions d’hommes engagés dans un conflit meurtrier ; elle a hanté le nombre encore plus grand de ceux qui ont tremblé pour la vie de leurs proches ; elle est encore constamment dans les pensées de ceux qui regrettent ceux qu’ils ont aimés. Et sans doute aussi la foi ou l’espérance ne s’est-elle jamais plus imposée, même aux incrédules, que ces multitudes innombrables, pleines de force morale et de passion généreuse, qui sont entrées dans l’éternité, n’ont pas péri tout entières, que l’ardeur qui les animait ne s’est pas éteinte quand leurs membres se sont refroidis, que l’esprit qui les poussait au sacrifice n’a pas été dissipé avec les atomes qui formaient leurs corps.
Ces sentiments étaient également connus des anciens, qui ont donné à cette conviction la forme suggérée par leur religion. Périclès[1] dans son éloge funèbre des guerriers tombés au siège de Samos déclarait que ceux qui meurent pour leur pays deviennent comme les dieux immortels et que, invisibles comme eux, ils répandent encore leurs bienfaits sur nous. Les conceptions de l’immortalité dans l’Antiquité sont donc souvent à la fois éloignées et proches des nôtres, proches parce qu’elles correspondent à des aspirations qui ne sont ni antiques ni modernes, mais humaines, lointaines parce que les Olympiens sont désormais tombés dans le gouffre profond où gisent les divinités détrônées. Ces idées se rapprochent de plus en plus des conceptions qui nous sont familières au fur et à mesure que leur époque s’éloigne, et celles qui sont généralement admises à la fin du paganisme sont analogues aux doctrines acceptées tout au long du Moyen Age.





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